Pure Salmon en Gironde : la ministre de l'Écologie dit non
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a déclaré au Sénat ne pas être favorable au projet Pure Salmon au Verdon sur Mer. Pendant ce temps, 27 ONG montent au front et une proposition de loi transpartisane réclame un moratoire de dix ans.

Trois semaines après l'avis favorable — et contesté — de la commission d'enquête publique, que nous avions documenté alors que 98 % des 20 000 contributions citoyennes étaient défavorables, c'est désormais la ministre de la Transition écologique en personne qui prend position publiquement.
Pure Salmon en Gironde : la ministre de l'Écologie dit non, le dossier remonte jusqu'au Sénat. Le projet de mégaferme à saumons au Verdon-sur-Mer vient de changer de dimension. Trois semaines après l'avis favorable de la commission d'enquête publique, c'est désormais la ministre de la Transition écologique en personne qui prend position publiquement.
Monique Barbut au Sénat : « À titre personnel, je ne suis pas favorable »
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut s'est dite opposée au projet d'élevage de milliers de saumons en circuit fermé en Gironde, estimant que ce « projet industriel » n'est pas construit « sur des fondements qui tiennent la route ». « À titre personnel, je ne suis pas favorable », a-t-elle déclaré lors de son audition au Sénat le 15 avril 2026.
« Je me bats pour trouver des vrais projets d'aquaculture dans des rivières, au bord de nos côtes. Et ce n'est pas un projet d'aquaculture, ce sont des cuves posées sur terre, qui nécessite de dépenser l'énergie qu'il faut pour avoir de l'eau à 15 degrés. Et les saumons seront nourris avec du poisson pêché sur toutes les côtes ouest d'Afrique. » Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, audition au Sénat, 15 avril 2026
Malgré ses réticences personnelles, elle a toutefois souligné que l'autorisation ou non de l'usine suivrait un « système de règles » en place. Une façon de rappeler que son opposition personnelle ne suffit pas à stopper la machine administrative. Et pendant ce temps, sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas.
Pure Salmon face à 27 ONG et une proposition de loi : la pression monte
Dans un Appel pour l'océan, 27 ONG ont dénoncé un projet « complètement démesuré », gourmand en eau et en énergie, qui menace selon elles l'écosystème de l'estuaire de la Gironde, le plus grand et le plus sauvage d'Europe, et dont les rejets de boues iraient au détriment de la pêche et de la conchyliculture locales.
La facture énergétique du projet est elle aussi pointée du doigt. Une étude scientifique publiée en 2024 confirme que la demande en énergie des élevages de saumon terrestres est trois fois plus importante que celle des élevages marins, la consommation électrique annuelle de Pure Salmon étant estimée à 70 GWh, soit l'équivalent des besoins de 32 000 Français.
Sur le plan législatif, une proposition de loi transpartisane, déposée par 103 députés dès mars 2025, réclame un moratoire de dix ans sur ces « fermes-usines » à saumons, le temps de réaliser des études d'impact sérieuses. Le texte attend toujours un créneau dans l'agenda parlementaire. Sur le terrain, le collectif « Usines de saumons, non merci » appelle à des rassemblements le 25 avril à Royan et le 26 avril au Verdon-sur-Mer.
Quelle suite pour le dossier Pure Salmon en Gironde ?
Le Coderst doit encore rendre son avis consultatif au cours des prochains mois, avant que le préfet de Gironde ne délivre ou non l'autorisation environnementale. La position de Monique Barbut ne lie pas juridiquement ce dernier, qui reste seul décisionnaire. Ce que la ministre a dit tout haut devant le Sénat, des milliers de Girondins le répètent depuis des mois. La question est maintenant de savoir si le préfet l'entendra aussi.
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Par La Rédaction
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